Voyager autrement (5) ... Moments magiques : du Petit Prince au Petit Roi

Publié le par Jacques B de Jonquière (Québec) à 09:10

Article mis à jour en avril 2020
 
Jonquière, Québec
Publié le 03 janvier 2010
 
 
 
 
 
Il y a de ces jours où les astres semblent se conjuguer
pour nous offrir de ces beaux moments magiques qu'on n'oublie pas.


Ça vient de m'arriver.


02/01/10

D'abord un superbe texte très personnel du chroniqueur de voyage du Devoir, Lio Kiefer, sur sa rencontre avec un jeune enfant vietnamien...

Ce texte m'en rappelle un autre que j'avais écrit aux quatre (4) enfants de mes neveux, il y a de cela 3 ans.

Mais entre-temps, une petite nouvelle s'est ajoutée à la famille, Charlotte.



03/01/10

Et ce soir, sur Art-tv, le spectacle de Jean-Pierre Ferland me relance avec son Petit Roi.


Je me suis donc amusé à faire ce montage...
 
 
 

Une histoire de voyage ...
de Lio Kiefer, journaliste au Devoir

 
 

Avant qu'on se quitte pour cette année,  j'ai une petite histoire à raconter.

 

J'étais au Vietnam, dans des montagnes que les touristes haïssent pour cause de moustiques vicieux et de populations peu enclines aux expressions de bienvenue instantanée. J'étais assis sous un grand arbre, dans un village sans nom mais avec des visages. On dévisageait l'étranger. J'ai pris mon carnet et noté; grand, maigre et malade, petite, rieuse et cachottière... Une mamie avec sept enfants; les siens, ceux de sa fille, de sa cousine? Un singe hurleur, des graines de poussière s'entassent dans mes yeux.

 

Un enfant est venu vers moi, m'a pris la main et m'a fait signe de le suivre... Nous sommes entrés dans la forêt. Nous avons fait des kilomètres et des kilomètres sans jamais dire un mot, sans jamais se lâcher la main. Arrivés à la porte d'une cabane en bois, des rondins dans les arbres laissaient paraître des morceaux de matelas entassés et des bouts de linge qui pendaient.

 

L'enfant insista pour que je le suive dans la cabane défoncée. À l'intérieur, un bordel monstre, des casseroles, des pots par terre... un semblant de garde-robe se pendait dans la nuit qui arrivait. Au fond, un aïeul gémissait et des femmes de tous âges pleuraient. Dans mon sac à dos, j'ai pris ce qui me restait de médicaments: aspirines et cachets pour intestins. J'ai dû donner 20 doses aux vieux dans l'espace de trois minutes.

 

L'enfant m'avait lâché la main et semblait raconter notre rencontre en me montrant du doigt. Était-ce comique? J'ai entendu rire. Je me suis mis dehors et l'enfant est venu me rejoindre. Je me suis réveillé au matin, avec un coq imbécile qui hurlait sa joie. J'ai noté dans mon carnet: mais quel chant fait le coq viet? Pas «cocorico».

 

Les femmes étaient debout devant moi. Le soleil était au rendez-vous. Le temps d'essuyer mes sueurs, j'ais vu l'aïeul me faire signe de la main. Je ne sus jamais vraiment si je l'avais sauvé. L'enfant me reprit la main, il riait, et m'entraîna au village. Tout le monde avait l'air au courant.

 

Je n'ai jamais su le nom de cet enfant. Il était déjà reparti. En se retournant une dernière fois, il ria de plus belle. Je l'ai baptisé Sin Sin, par hasard. Il y avait une sauterelle à ce moment-là qui aiguisait ses ailes. Cela faisait «sin sin».

 

Il y a des rires qui valent des certitudes. Il y a des enfants qui ont le sens des chemins qu'on traverse avec eux. Il y a des bouts de vie qui sont tous reliés.

 

Bonne année 2010 !

Le Devoir du 31 décembre 2009

 


Mon histoire de voyage ...

Bien vraie elle aussi !

Pour

Philippe, Mathieu et Tristan,

et, quand ils sauront lire, pour Léo et Charlotte


 

Le Petit Prince de Saint-Exupéry, c’est pour moi le plus beau livre du monde. C ‘est pourquoi je l’ai lu, relu, re-re-lu. Et à chaque fois, c’est comme si c’était la première fois.

 

Mais le plus beau souvenir que je garde du Petit Prince, ça remonte à octobre 1987. Il y a donc 20 ans déjà.
 

Ça se passait en Europe, en Yougoslavie plus précisément, tout à côté de l’Italie, de l’Autriche, de la Hongrie et de la Grèce. Ne cherchez pas sur la carte du monde la Yougoslavie car ce pays n’existe plus : dans les années 1990, plusieurs guerres ont eu lieu dans ce pays et la Yougoslavie a éclaté et a donné naissance à plusieurs nouveaux pays. À présent cherchez plutôt sur la carte le nom des pays suivants : Slovénie, Croatie, Bosnie-Herzégovine, Serbie, Kosovo, Monténégro, Macédoine, et vous aurez une bonne idée de ce qu’était alors la Yougoslavie quand je l’ai visitée en 1987.

 

yougoslavie-carte

 

Mais revenons à mon histoire.
 

Elle se passe dans la partie de la Yougoslavie qu’on appelle maintenant la Croatie sur le bord de la mer Adriatique.

 

Je m’étais arrêté pour quelques jours dans un endroit charmant, un genre de colonie de vacances située face à la mer. On pouvait s’y baigner, manger au restaurant, et le soir venu, aller écouter de la musique. J’y ai rencontré plusieurs étudiants yougoslaves et aussi d’autres jeunes qui travaillaient à la cafétéria et au restaurant : on se parlait par signes ou en anglais, car ils ne connaissaient pas le français, ni moi le yougoslave. Ce fut très dur au début car ils n’osaient me parler et je me sentais un peu seul.

 

Et c’est là que je me suis rappelé un passage du Petit Prince : la partie où il rencontre un renard qui deviendra peu à peu son ami. « Mais pour cela, ça prend du temps…il faut se voir souvent pour connaître mieux quelqu’un et s’en faire un ami. » 

 

C’est ce que je fis durant ces quelques jours à la colonie… Et peu à peu les travailleurs et les étudiants ont commencé à me parler… Et je ne me sentais plus seul.
 

Mais il me fallait continuer ma route pour découvrir d’autres beaux coins de la Yougoslavie. J’ai donc dû quitter tous ces gens que j’avais eu le plaisir de rencontrer. J’avais le cœur un peu serré quand je les ai salués juste avant mon départ.

 

C’est à Dubrovnik que se passe la suite de mon histoire. Dubrovnik est une très jolie ville entourée de remparts, ce qui la protégeait des envahisseurs il y a de cela plusieurs siècles. Elle est actuellement la capitale de la Croatie.

 

J’y arrive donc en fin d’après-midi et je me cherche un endroit où je pourrais loger pendant deux jours.

 

Sur le devant d’une belle maison, je vois une affiche offrant des chambres aux touristes. Je m’y arrête donc. Après avoir frappé à la porte, une dame vient me répondre, suivie de près par un petit bonhomme tout blond qui me regarde avec ses beaux grands yeux et qui me dit quelque chose que je ne comprends pas car c’était en yougoslave. Sa mère m’explique qu’il me dit bonjour. Je lui dis « allo » à mon tour en souriant et il me répond aussitôt avec un beau grand sourire.

 

Avec la dame, je vais voir la chambre qu’elle m’offre. Aussitôt vue, aussitôt acceptée. C’est donc dans cette grande chambre, avec un lit double et un divan où je peux m’étendre pour lire, que je passerai mes deux nuits à Dubrovnik. Dans la soirée, je m’étends sur le sofa pour consulter mon guide de voyage afin de préparer ma visite du lendemain.
 

Je me lève assez tôt le lendemain matin et, après une bonne douche, je suis fin prêt pour mon tour de Dubrovnik. Je m’arrête d’abord dans un petit restaurant pour déjeuner. En me rendant à l’épicerie pour m’acheter du pain, du fromage, des viandes froides et une bouteille de vin, il me vient une idée : « Comme ce me serait agréable de relire Le Petit Prince », une idée vite mise de côté car je suis en Yougoslavie et, ici, il est sûrement impossible de trouver ce livre. Je le relirai à mon retour au Québec que je me dis !

 

Je passe donc ma journée à visiter la vieille ville, ses musées et ses remparts, puis je fais un petit tour à la mer pour y manger mes victuailles : une journée magnifique, SUPER ! Et je rentre à la maison.

 

En entrant dans ma chambre, une IMMENSE SURPRISE m’y attendait…

 

Sur le divan, devinez ce que j’y trouve…INCROYABLE ! Je me frotte les yeux pour vérifier que je n’ai pas la berlue…

 

Mais oui, sur le divan, il y a le livre du Petit Prince qui m’attend ! …

 

Ce soir-là, j’ai relu Le Petit Prince en entier encore une fois, même s’il était en anglais !  Et cette question qui ne cessait de me trotter dans la tête : « Comment ce livre a-t-il bien pu atterrir ici dans ma chambre ? ».

 

Un vrai tour de magie !
 

La dame, le lendemain matin, me dit que c’est sûrement son petit garçon qui l’a laissé traîner sur le divan quand, la veille, elle a fait le ménage de la chambre. Elle le lui avait acheté pour l’histoire, les images et pour qu’il apprenne tranquillement un peu d’anglais…

 

Quand je suis parti, je n’ai pas manqué d’aller saluer mon nouveau Petit Prince blond de 8 ans et, surtout, de le remercier pour son beau cadeau.

Jacques, le 8 décembre 2007

 

 

Et cette histoire de Jean-Pierre Ferland ...

Le Petit Roi

 

 

 

Et pour terminer,
voici 10 pensées inspirantes de Saint-Exupéry

 

  • Fais de ta vie un rêve, et d'un rêve, une réalité.

 

  • On ne voit bien qu'avec le coeur. L'essentiel est invisible pour les yeux.
 
  • Aimer ce n'est pas de se regarder l'un l'autre, c'est regarder ensemble dans la même direction.
 
  • La vérité de demain se nourrit de l'erreur d'hier.
 
  • Toutes les grandes personnes ont d'abord été des enfants, mais peu d'entre elles s'en souviennent.
 
  • Si tu diffères de moi, loin de me léser, tu m'enrichis.
 
  • L'Homme se découvre quand il se mesure à l'obstacle.
 
  • Pour ce qui est de l'avenir, il ne s'agit pas de le prévoir, mais de le rendre possible.
 
  • Si tu m'apprivoises, nous aurons besoin l'un de l'autre. Tu seras pour moi unique au monde. je serai pour toi unique au monde. Tu es responsable de ce que tu as apprivoisé...On risque de pleurer un peu si on s'est laissé apprivoisé.
 
  • Etre Homme c'est être responsable. C'est sentir, en posant sa pierre, que l'on contribue à bâtir le monde.

 

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M
Je crois que c'est cette photo-là.
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M
Ce matin,je suis assise à la gare en attente de mon train pour Ottawa . Cela me rappelle avec nostalgie mon voyage en train pour Sapa au Vietnam, que tu as fait d'ailleurs. Et pour mon plus grand plaisir , je lis tes écrits avant de me plonger dans la lecture de mon guide du Japon. Notre voyage est encore à l'état de projet pour septembre. On se faufile à travers les naissances des bébés.
Si je n'ai pas le temps de te reparler d'ici Noël, alors cher petit prince voyageur, je te souhaite le plus beau des Noël avec ta famille et tes amis. Et pour me faire plaisir, si tu as le temps et le goût, republier ta photo qui me rappelle le petit prince, ta photo spéciale de toi avec un éclairage tout à fait particulier .
Marjolaine XX
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J
Bonjour Marjolaine.

Merci pour tes souhaits de Noël. Je t'en souhaite un aussi beau.

De quelle photo parles-tu ? Celle où je suis sur le site des tombes des rois en Corée du Sud en soirée ?

Jacques, encore à Jonquière pour 22 jours.