Phnom Penh (1) ... Au Cambodge, l'homme et la bête

Publié le par Jacques de Phnom Penh (Cambodge) à 08:50

Mise à jour en août 2019

 

Phnom Penh, Cambodge
14-17 mars 2007
Environ 12 500 000 habitants

 

Killing Fields (23)
Le charnier des victimes de Pol Pot et le Mausolée


La Birmanie a eu sa dictature. Le Vietnam, dans les années 60-70, a subi, pendant plusieurs années, les attaques étrangères. Ici, dans les années 70, le Cambodge a vécu  une période bien sombre. La visite de Phnom Penh nous le rappelle.

 

La bête dans l'homme...


Au Cambodge, ce sont des compatriotes eux-mêmes qui, au nom de l'idéologie communiste, ont décidé de détruire tout ce qui était opposition au régime. Et ces dirigeants provenaient de tous les milieux, politiques, intellectuels, jeunesse, etc. Et en l'espace de quelques années à peine, il se sont transformés en bêtes sanguinaires, ne craignant ni la torture ni l'assassinat, des membres mêmes de leurs familles : un régime de terreur.

C'est ainsi qu'ils tuèrent près de deux millions de leurs compatriotes, enfants, jeunes, mères, pères, vieillards : pas de quartier pour les ennemis de la révolution, pour eux et leurs familles.

Et pour se maintenir au pouvoir, ils transformèrent une école en un centre de détention à haute sécurité, la prison S-21 ou Tuol Sleng, puis un centre d'exécution (Killing Fields) à quelques kilomètres de Phnom Penh.
 

  • TUOL SLENG (PRISON S-21)

Voilà ce à quoi devait ressembler le high school
avant de devenir prison sous le régime Pol Pot

Tuol Sleng-S21 (2)

Les fils barbelès visaient à empêcher les prisonniers
de s'enfuir de leur enfer par leur propre mort par suicide
 
.

La section des cellules
Tuol Sleng-S21 (4)

Une des salles servant aux interrogatoires et aux tortures
forçant les prisionniers à AVOUER leur culpabilité

Tuol Sleng-S21 (5)

Le Musée
Tuol Sleng-S21 (7)Tuol Sleng-S21 (10)

Voilà ce que le Musée du Génocide de Tuol Sleng nous fait découvrir. Des classses transformées en plusieurs cellules étroites, individuelles ou collectives. D'autres en salles d'interrogatoire et de tortures.

En à peine 4 ans, de 1975 à 1978, ce sont près de 11 000 prisonniers qui y furent internes, souvent des familles entières, même des mères avec leurs jeunes bébés.

Plusieurs furent envoyés à quelques kilomètres de Phnom Penh pour y être exécutés. On appelle ce lieu aujourd'hui Killing Fields. On y a découvert de nombreux charniers. Et pour qu'on n'oublie pas, on y a érigé un monument contenant les ossements de celles et de ceux qui y furent torturés puis exécutés.

  • KILLING FIELDS

.Killing Fields (11).

Premier plan ...
Arbre contre lequel on tuait les enfants
Deuxième plan :
Vue de quelques fosses où l'on a découvert des corps, parfois sans tête ! 
Au fond :
Mausolée en souvenir des victimes du génocideKilling Fields (13)

Intérieur du Mausolée : pour qu'on se souvienne,
des crânes et des vêtements des victimes
Killing Fields (6)Killing Fields (2) 

Mais ce n'est pas tant les crânes des victimes des Khmers Rouges que la galerie de photos étalées dans plusieurs salles qui m'ont bouleversé intérieurement : des prisonniers de tous âges et de toutes conditions. Ces photos proviennent des archives de la prison devenue Musée : les Khmers Rouges aimaient bien les archives, car on y a trouvé aussi beaucoup de "confessions" de prisonniers. 

Sans commentaires !
.
Killing Fields (22).
 

Le créateur dans l'homme


Heureusement l'homme n'est pas qu'un loup pour l'homme.

Après les quelques heures intenses émotionnellement passées au Champ où l'on tuait et à la prison où l'on torturait, j'avais besoin d'un peu de beauté. Je suis donc allé prendre des grandes bouffées d'air frais au Musée National du Cambodge.

On peut voir ce que l'homme sait aussi faire : créer. On y découvre des pièces remontant jusqu'au VIème siècle avant JC, et de nombreuses sculptures provenant du site d'Angkor. 

Musée National du CambodgePhnom Penh-Musée National (4)Phnom Penh-Musée National (3)
Phnom Penh-Musée National (2)

Et le lendemain, mes visites au Palais Royal et au temple Wat Phnom ont continué de me calmer intérieurement.

Le Palais Royal
..Phnom Penh-Palais Royal (5)Phnom Penh-Palais Royal (6).Phnom Penh-Palais Royal (8)Phnom Penh-Palais Royal (9)Phnom Penh-Palais Royal (10)

La Pagode d'Argent
Phnom Penh-Palais Royal (11)Phnom Penh-Palais Royal (12)Phnom Penh-Palais Royal (14)

Le Wat Phnom
.Phnom Penh-Wat Phnom (3).Phnom Penh-Wat Phnom (2).

Pour conclure et surtout
pour qu'on n'oublie pas le côté sombre des humains, voici

  • une série d'articles d'informations sur les péripéties du procès intenté contre les dirigeants politiques Kmers encore vivants en 2007 (2007-2009);

  • deux vidéos nous faisant découvrir la prison S21 et  des victimes de cette horreur.

 

Et pour ne pas oublier ...

Publié dans CARNET CAMBODGE, Phnom Penh

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V
À Phnom Penh, on peut découvrir l’histoire et la culture des cambodgiens. Particuliarement en visitant le musée géonocide, on comprendra mieux de l’histoire douloureux des Cambodgiens et admirera plus l’esprit optimiste des habitant. J’aime beaucoup cette ville. C'est mon coup de coeur au Cambodge!
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J
Bonjour

Pour moi aussi, Phnom Penh fut une superbe rencontre avec l'histoire tragique du peuple cambodgien. J'y reviendrai en février prochain, 13 ans après ma première visite.

Au plaisir de te lire à nouveau.

Jacques
A
Je suis contente de revoir des photos de l'Asie,j'aime beaucoup et tes récits sont très intéressants.J'y reviendrai de nombreuses fois je pense.
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J

Merci Annick pour le compliment.

Jacques


L
Je suis aller me présenter et en lisant tes réponse j'en ai apris un peu plus sur toi. Se qui me fait insister pour te faire lire Le Portail de l'auteur francais Bizot. Un récit biographique-philosophique d' un archeologue qui deviendra malgré lui le négociateur de la fuite des refugier de l'embassade de France en 74 à PP.
Pour la maison Jim Thompson c' est un jolie bijoux, un havre de beauté dans Bangkok. La visite se fait toujours accompagner d' un guide. Il y a des guides francophone, si tu le demande sa coute pas plus chére et tu es souvent seul ou enfin avec un groupe moin gros que les anglo.
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J
Merci encore pour tes suggestionsJacques
L
Salut! je passe par hasard sur ton blogue, je suis moi aussi un voyageur qui aime bien ASE. Puisque que tu es à Phnom phen vas prendre une bierre chez mes amis andrea Ryder au Flying Elephant prés du lac. Si tu en as la chance pousse jusqu'au rantanakiri, tu aura un séjour loin des Motobykesir! ou du moin vas faire un séjour à Kratie c" est un village vraiment chouette. Bon séjour dans les merveilles de Angkor Wat. Je te conseille la lecture de **Le Portail** par Bizot, fantastique je l' avais acheter au beau Marchewr central de PP.
Tu repassera surement par Bangkok, je ne peu m' empecher de te pousser ver la Maison Jim Thompson
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J
Merci Lowi de t'etre arrete chez moi et d'avoir pris la peine d'ajouter un commentaire.Merci pour tes suggestions. J'en prends bonne note.De plus, commme je ne sais pas qui tu es, il y a un article dans mon blogue qui te concerne : clique dans l'en-tete "A mes visiteurs".Au plaisir de te relire.Jacques
R
Salut Jacques, tu as raison quand l'on sort de Tuol Sleng l'onse sent encore chanceux de respirer...  Le plus dommageable pour un peuple c'est de se faire exterminer par tes concitoyens ou tes frères. La Chine a vécu le même régime.  Phnom Pen a aussi des merveilles qu'il ne faut pas manquer. Le palais royal est magnifique ainsi que le musée.Déguste une bonne fondue c'est leur spécialité.
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J
En effet j'aime bien Phom Penh. C'est une superbe ville mais qui a vecu des moments forts difficiles durant la periode Pol Pot. J'en reparlerai dans un autre texte.
Je suis en train de lire un temoignage d'une jeune femme qui avait 5 ans a l'epoque de Pol Pot  et qui vivait justement a Phnom Penh avec toute sa famille: "D'abord, ils ont tue mon pere." Tres troublant !
Jacques