Kawthoung (2) ... Le goût de la Birmanie

Publié le par Jacques de Ranong (Th) a 21:30


Kawthoung : 18 mars 2008...

 

 

Il y a des fois ou, comme touriste, on se sent ordinaire, "cheap". C'est ce qui m'est arrive ce midi en revenant de Kawthoung.

Et ca concerne ces deux jeunes birmans...
 
Ranong (50)
Mon conducteur de bateau
 
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Son aide qui m'introduit aux demarches a faire

 

Je vous raconte...


D'abord, pour vous situer...j'ai procede par mes propres moyens pour me rendre a Kawthoung et non avec les forfaits "Visa Run" offerts par les hotels et agences. Je devais donc negocier moi-meme avec les rabatteurs de bateau le cout de la traversee de Ranong a Kawthoung.

Mon critere : il ne fallait pas que ca me coute plus que les "Visa Run" (300-350 bahts).

Au quai, je reussis a m'entendre avec un jeune qui m'offre l'aller/retour pour 300 bahts. J'accepte donc. Et on part, lui et son aide.

En cours de route, avant d'arriver a la frontiere birmane, le jeune batelier nous amene a un autre bateau pour faire le plein d'essence, car c'est moins cher du cote birman : il me demande 200 bahts en me precisant qu'il ne me resterait que 100 bahts a payer au retour. 

Un doute s'installe en moi...mais je paie...

On arrive a Kawthoung, je remplis les formalites a l'immigration birmane. Aussitot, d'autres jeunes m'offrent de visiter la ville en moto. J'accepte, tout en disant a mes deux jeunes du bateau que je visite pour une 1 heure. Pas de probleme... ils vont m'attendre.

Et l'on part pour le tour de ville.

Au retour sur le quai, je cherche mes deux jeunes...je ne les vois nulle part...

Aussitot...je bouille de colere...je me suis fait avoir...ils sont repartis !!!

D'autres bateliers m'offrent alors de me ramener en Thailande pour 200 bahts...pas question...je dis a mon guide-motocycliste que je m'etais entendu pour 300 bahts aller/retour, que j'ai deja paye 200 bahts et que je veux revenir a Ranong pour 100 bahts.

Il fait alors des demarches et me trouve un bateau pour 100 bahts...je paie et j'embarque...

Et tout va tres...trop vite...

Je vois alors  mon jeune batelier arriver tout surpris de me voir repartir avec un autre bateau... il me dit en anglais : "Je vous ai attendu...donnez-moi 20 bahts"... et moi de lui donner avec reticence 20 bahts...

Et le bateau part...

Et je vois alors l'autre jeune batelier sur le quai...

Comme je "feel cheap"...tres cheap...en quittant Kawthoung.

Et je me rappelle combien de fois, l'an dernier en Birmanie, les birmans m'avaient demontre leur honnetete...

Vraiment...encore ce soir, je "feel cheap"...tres cheap...

Publié dans CARNET BIRMANIE SUD

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Y
Merci de nous faire partager aussi cette expérience.Bien peu de chose peuvent nous faire basculer de "la confiance" à "la défiance"...Et c'est vrai que si ce n'est pas justifié, "on se sent bête"...
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J
<br /> En effet !<br /> <br /> Jacques<br /> <br /> <br />
E
Un mot pour commencer...Je vous livre ici le courriel que j'ai recu d'Eric que le hasard a fait nous rencontrer l'an dernier a Inle et cette annee a Vientiane. C'est avec son accord que je vous le livre ici.Il complete super bien ce que j'ai essaye de vous livrer dans mon texte. Et surtout, cette reflexion vient d'un autre voyageur.Jacquesbonjour Jacques, un petit mail pour te réconforter de ton "feel cheap" ; bien sur on se sent bête comme on dirait en france, on se sent petit, pas au niveau... et on se dit alors merde, pourquoi j'ai été aussi bête et je n ai pas fait confiance à l'autre ; pourquoi j'ai tant douté de l'autre à tel point que je suis sûr qu'il a tort et qu'il m a trahi... alors que quelques instants après on s'aperçoit que c'est nous qui avons trahi simplement par impatience, pour quelques instants de retard... je te comprends bien car cela m est déjà arrivé en Asie, et dans cette situation, je me souviens avoir rêvé pourvoir reculer le temps de quelques secondes, juste quelques minutes avant que mon impatience me trahisse, quelques secondes avant que ma vision ne transforme l'Attendu en Traitre. A la lumière de mes échecs, j'essaie modestement à chaque fois que la situation se reproduit d'attendre encore 5 minutes avant de juger le "félon"...   c est trop dur car souvent on se sent faible, vulnérable, gauche, maladroit... et il y a ces milliers de raison qui font que l on pense avoir été victime et de ne pas pouvoir attendre une seconde de plus. Les secondes d'attente du minibus, du taxi, du tuk-tuk, du bateau ou du motard sont comme des heures, interminables, lourdes, autoritaires, arrogantes, méprisantes.. elles nous disent : "c'est inadmissible, accuse le retardataire, tu as raison et tu es là depuis déjà 3 minutes à l'attendre, il se moque de toi, vas y énerve toi, montre que tu ne laisses pas marcher dessus et que tu vas trouver une solution pour ne pas perdre la face... " Saleté d'impatience et triste doute en l'honneteté de l'autre ; ils nous transforment en petit lâche alors que l on pense être une honnête victime... l'arroseur arrosé en fait. J'ai "plaisir" à voir que je ne suis pas le seul à "feel cheap....." et je crois que, la prochaine fois, avant de chercher un autre bateau pour remplacer le retardataire félon, tu laisseras encore la trotteuse de ta montre faire quelque tour de cadran en te souvenant avec sourire et optimisme de ton départ de kawthoung...  Laisse moi te souhaiter une bonne route et c est avec plaisir que je continue à te suivre à travers l'Asie. Amicalement, Ericd'Inle, de Vientiane et du petit monde...
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