Mindanao (14) ... Dapitan, là où fut exilé José Rizal, ce héros des Philippines

Publié le par Jacques B de Jonquière (Québec) à 07:25

Mise à jour en avril 2020


Dapitan, Mindanao
29 janvier 2020
Environ 120 460 habitants (2015)

Condamné à l'exil, José Rizal arrive à Dapitan en 1892
escorté par des soldats espagnols


Pour ma deuxième journée à Dipolog, j'ai décidé d'aller visiter Dapitan, la ville voisine de Dipolog, et une ville que le Lonely Planet décrivait comme étant pas plus intéressante que Dipolog. La ville n'est qu'à 30 minutes de bus de Dipolog et est établie face à une fort jolie baie. 

Mais l'attrait le plus intéressant de Dapitan, c'est son caractère historique, car c'est ici, en 1892, que les maîtres espagnols de la colonie qu'était alors les Philippines envoyèrent en exil José Rizal, l'un des leaders du mouvement pour l'indépendance des Philippines. 

À Dapitan, plusieurs lieux lui sont consacrés : d'abord, le lieu où il débarqua avec les soldats espagnols qui l'escortaient, puis un parc en face de l'église St James où il se rendait chaque dimanche pour les offices religieux, et surtout, de l'autre côté de la baie, le Parc et Sanctuaire Rizal, où on trouve un musée établi sur les lieux où il a habité avec sa famille durant ses quatre (4) années d'exil (1892-1896).
 

JOSÉ RIZAL
(19 juin 1861 - 30 décembre 1896)



" Issu d'une riche famille philippine sino-tagale, José Rizal fit ses études de médecine à Manille. Il fréquenta également les meilleures universités européennes (Madrid, Paris, Berlin). Lors de ses nombreux voyages en Espagne, France, Allemagne, Angleterre, et États-Unis, il acquiert une formation de chirurgien ophtalmologiste, obtient des diplômes en philosophie et apprend plusieurs langues. Il est hyperpolyglotte et ne maîtrise pas moins de 23 langues, dont l'allemand, l'hébreu, l'arabe le sanskrit.

Dirigeant du Mouvement de propagande des étudiants philippins d'Espagne, il signe des articles pour le journal La Solidaridad de Barcelone en collaboration avec Marcelo H. del Pilar et Graciano Lopez Jaena, et propose des réformes démocratiques pour les Philippines (...) Il écrit plusieurs livres en espagnol, qui critiquent sévèrement le pouvoir religieux dans son pays (Noli me tangere et El Filibusterismo). Il porte la langue espagnole au sommet de sa richesse, tout en l'augmentant du vocabulaire originaire des îles. Ses livres, interdits à leur parution, circulèrent d'abord clandestinement.

Rizal milite et participe à des sociétés secrètes et revient aux Philippines. Il y fonde la 3 juillet 1892 la Ligue Philippine, une organisation visant à promouvoir sur l'archipel ses idées progressites et réformistes. Ses membres promouvaient la démocratisation et la réforme de la colonie des Philippines, alors incluse dans l’Empire colonial espagnol. La Ligue s’inscrivit plus largement dans le contexte de contestation du pouvoir colonial qui précéda la révolution de 1896-1898. Elle fut dissoute en 1893.

Dans la nuit du 7 juillet 1892, des conspirateurs se réunissent dans une maison à Manille pour créer la société secrète d'Andrès Bonifacio, la Katipunan (...) Sans avoir été consulté, José Rizal sera désigné de facto comme président d'honneur du mouvement dont il n'approuve pas l'option violente. Le rôle de la Katipunan était effectivement l'organisation de l'insurrection générale des Philippines.

Les autorités espagnoles arrêtent Rizal le 6 juillet 1892 et l'exilent dans l'île de Mindanao au sud du pays, à Dapitan.

Pendant ses années d'exil, il fonde une école, enseigne les langues et les techniques agricoles. Il achète des terrains et cultive une immense plantation mettant en œuvre des techniques modernes. Il poursuit son activité de médecin et pratique de nombreuses opérations chirurgicales dans sa spécialité, l'ophtalmologie.

En 1896, alors que la guerre civile se déclenche, Rizal se désolidarise des révolutionnaires dont il stigmatise l'insuffisance intellectuelle et les méthodes.

Toujours surveillé par les autorités espagnoles, l'écrivain sent le danger se rapprocher à la suite des implications de son nom dans les projets du Katipunan. Il cherche dès lors à quitter le pays et s'engage pour servir en tant que médecin volontaire, à Cuba où sévit une épidémie de fièvre jaune. Il bénéficie du soutien des loges maçonniques et du gouverneur général des Philippines, Blanco, qui favorise son départ.

Cependant, tandis qu'il navigue vers l'Espagne, Rizal est arrêté à bord de son paquebot, emprisonné à Barcelone au fort Montjuich, et renvoyé à Manille, où il est détenu dans le fort Santiago. Le rôle du gouverneur Blanco dans cette arrestation n'est pas encore élucidé par les historiens. Mais c'est le général Despujols qui, comme gouverneur de Barcelone, présida aux « horreurs de Montjuich ».

Le 30 décembre 1896, à Manille, il est fusillé après un simulacre de procès. Il avait 35 ans.

À Manille, on ne peut oublier José Rizal !


Devenant aussitôt un martyr, sa mort amplifie la résistance. Les États-Unis interviennent à la suite de l'appel d'Aguinaldo et après une courte guerre hispano-américaine, les Espagnols quittent les Philippines en 1898 après avoir vendu le pays au nouveau colonisateur.

Passé sous la domination américaine, le pays n'acquit qu'une semi-autonomie en 1935 et son indépendance qu'en 1946."

Wikipedia

 

Au Parc et Sanctuaire Rizal

 

C'est au Parc et Sanctuaire Rizal que j'ai commencé ma visite, un parc bien aménagé face à la baie, et où l'on peut visiter un musée dédié à Rizal de même que la maison où il a habité avec sa famille, et d'autres petites habitations qui lui servaient de cuisines, ou de dortoirs pour ses élèves. De plus  il y a un rocher entouré d'eau où il se retirait pour écrire ou pour admirer les couchers de soleil sur la baie. 

  • De Dipolog à Dapitan

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  • Visite du Parc et sanctuaire dédié à José Rizal

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Durant son exil,
Rizal met en pratique sa spécalité, l'ophtalmologie
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Réplique de la maison
où Rizal vécut avec sa famille durant son exil
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Petite habitation qui servait de dortoir pour ses élèvesdapitan-excursion 2 (14)

Lieu où Rizal se rendait pour écrire
ou jouir du coucher de soleil sur la baie

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Promenade dans la ville

 

Ne sachant pas trop où était le musée, je m'y étais rendu en tricycle. Mais en voyant l'emplacement du PARC, j'ai décidé de revenir à pied au centre-ville de Dapitan pour y visiter les autres sites qui sont dédiés à José Rizal. 

  • En suivant la rive de la Baie jusqu'au Mémorial dédié à Rizal

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En route, je tombe sur un petit bar-terrasse ombragé face à la baie. Voyant que quelques étudiantes et étudiants y étaient présents, je décide de prendre un peu de repos en dégustant une bonne bière fraîche avec glaçons (façon typique de boire une bière aux Philippines !) tout en observant les étudiants qui jouaient sur leur téléphone, et en écoutant d'autres chanter dans le bar-karaoke.

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Puis j'ai continué mes visites, en passant par le boulevard qui part de la mer, là où est arrivé Rizal escorté par des soldats espagnols, jusqu'au parc qui lui est dédié en passant par l'université et sa longue murale portant sur la vie de Rizal.

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La murale le long du Collège de l'Éducation Maritime de Dapitan dapitan-excursion 4 (41) dapitan-excursion 4 (42) dapitan-excursion 4 (43) dapitan-excursion 4 (44)

Le Parc dédié à Rizal face à l'Église Saint James
construite par les Jésuites en 1871
et où Rizal venait à chaque dimanche assister à la messe.
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L'intérieur de l'église Saint James
où j'ai de nouveau l'occasion d'assister à un mariage.

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Dernier regard sur le coeur de Dapitan
avant de reprendre mon bus pour Dipolog
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Cette excursion à Dapitan fut sans nul doute la plus agréable promenade de tout mon séjour à Mindanao cette année et l'une de mes plus belles promenades depuis longtemps.

Pour ma dernière soirée sur l'île de Mindanao, je suis retourné au bord de la mer pour un autre beau coucher de soleil suivi d'une bonne bouffe dans un autre des restaurants que j'avais repéré en arrivant à Dipolog.

Après cette quinzaine d'agréables journées passées sur l'île de Mindanao, je suis prêt à poursuivre ma route. Demain matin, c'est le ferry pour Dumaguete sur l'île de Negros qui m'attend.

 

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