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5 août 2014 2 05 /08 /août /2014 09:03

Jonquière, Québec

Article mis à jour en août 2014

 

 
La planète est de plus en plus un monde d'échanges. On voyage de plus en plus, et de plus en plus de gens vont vivre dans d'autres régions que celle où ils sont nés.

Étant québécois et mon blogue portant principalement sur le voyage, j'ai pensé illustrer à l'occasion ce nouveau monde d'échanges qui se développe devant nous.

Dans ce billet, j'ai pensé vous présenter un musicien  "mexicain de coeur, argentin d'âme et gaspésien d'adoption".
 
Son nom : Juan Sebastian Laborina.
 
Juan-Sebastian-Laborina
Juan Sebastian Laborina : "Excusez-la !"

Il vit à Montréal, est né dans le sud de l'Argentine, a vécu son adolescence au Mexique, mais se définit d'abord comme un latino gaspésien pure laine. Et tout cela transparaît parfaitement dans la musique que Juan Sebastian Larobina présentera dimanche soir au Lion d'Or, en clôture de Coup de coeur francophone. Il peut épicer la salsa du reel, marier la cumbia à la turlutte, faire se rencontrer la chacarera et la gigue, chanter du country en espagnol, surfer avec du charango bolivien sur des pieds québécois.

«Ce mélange s'est fait tout naturellement par intégration, avec des gens qui connaissent ces musiques et qui jouent avec moi, explique Juan Sebastian Larobina. Ce n'était pas mon voeu de faire cela, mais je commence à réaliser ce que nous créons et j'en suis très fier. Je vais prendre un cours de musique traditionnelle 101 pour mieux connaître le reel, la gigue, les petites passes croches et toutes les fusions possibles. Je veux maintenant être conscient du mix que je fais.»

Juan Sebastian considère le trad québécois comme une musique du monde au même titre que toutes les autres. Il l'a découvert en Gaspésie où il a vécu durant 11 ans avant de s'installer à Montréal l'an dernier. Tout cela a commencé au Mexique par une histoire d'amour. Avant de partir pour el norte, il a mis une flèche sur une carte postale et s'est imaginé sa Gaspésie à lui. «Je croyais arriver dans un village de pêcheurs des années 50. Je me suis rendu compte qu'il y avait plus de béton et de centres d'achats. Beaucoup plus de neige aussi.»

Auteur-compositeur, il s'est également épris pour la culture de la région. «J'adore la Bolduc et certaines de mes chansons renferment des histoires simples qui ressemblent aux siennes», explique-t-il, volubile comme un vrai latino nordique. S'il n'est pas le premier à opter pour ce dialogue musical nord-sud puisqu'Alberto Kurapel s'en est inspiré dès les années 80, son intégration des rythmes populaires des deux pôles du continent confère à sa musique un groove contagieux. «C'est un peu comme les Brésiliens. On essaie de faire tripper les gens, même si plusieurs mots peuvent être durs. Parce que j'écris également des textes autobiographiques ou d'autres qui sont très engagés. Je dirais même plus enragés qu'engagés.» En dépit de cela, on a malgré tout l'impression qu'il finira la soirée en envoyant un «Excusez-la!» bien senti.
 
Source : Yves Bernard, Le Devoir du 13 novembre 2008 


 
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Mexicain de cœur,

Argentin dans l’âme et Gaspésien d’adoption

 

Il y a maintenant près de dix ans, Juan Sebastian Larobina quittait l’effervescence de la mégalopole mexicaine pour la quiétude des rives de l’estuaire du Saint-Laurent.

 

Né en Argentine au sein d’une famille d’artistes, Juan Sebastian Larobina a grandi au Mexique, où ses parents ont émigré au début des années 1980 pour fuir les répressions dont leur pays natal était victime. Étudiant et enseignant la musique dans des écoles de Mexico, il amorce en parallèle une carrière prometteuse au sein de différents groupes musicaux, enrichissant ainsi son répertoire des folklores propres à divers pays d’Amérique latine.

 

En 1997, il s'établit au Québec, plus précisément en Gaspésie, où il complète une formation comme éducateur spécialisé. Depuis quelques années, Juan Sebastian Larobina effectue au Québec une percée artistique digne de mention. Il présente également de façon régulière des ateliers dans les écoles primaires et secondaires d’ici.

 

 

 

L’artiste nous parle de son parcours personnel

et artistique peu banal

 

 

 

Pourquoi avoir choisi de vous établir au Québec?

 

« J’ai rencontré une Gaspésienne au Mexique, puis nous avons décidé de venir passer un été ici. Je suis arrivé au Québec en 1997, directement en Gaspésie… Puis nous avons eu deux enfants et je me suis finalement installé ici, à Douglastown, près de la mer. »

 

 

Vous baignez dans l’univers de la musique depuis la petite enfance…

 

« D’aussi loin que je me souvienne, ma mère faisait de la musique. J’ai touché des instruments pour la première fois vers l’âge de douze ou treize ans : d’abord la guitare et la flûte, puis les percussions, le saxophone, la clarinette… J’ai chanté avec ma mère et j’ai appris avec elle le folklore de mon pays. Elle chantait et jouait de la musique traditionnelle, notamment le tango. Maintenant que je suis loin, je redécouvre ces musiques de chez nous… »

 

« À l’âge de dix ans, j’ai émigré au Mexique, un pays extrêmement riche d’un point de vue folklorique. J’y ai vécu dix-sept ans… dix-sept années à m’imprégner de la musique de ce coin du monde. Cela a peut-être facilité mon adaptation à la société québécoise, en ouvrant ainsi mes frontières. Le côté latin du Québec m’attire… J’adore la Bolduc et la Bottine Souriante. »

 

 

En ce sens, la langue constitue-t-elle une barrière dans votre démarche?

 

« J’ai vécu un premier contact avec la musique traditionnelle québécoise lors d’un voyage aux Îles-de-la-Madeleine en 1999. Aujourd’hui, je commence à intégrer ces musiques traditionnelles dans mon propre folklore avec, comme résultat, ce son nouveau que j’appelle « latino-gaspésien »… Si écrire des chansons et faire de la musique permet une cohérence dans ce que nous voulons dire, le français demeure tout de même quelque chose de nouveau pour moi. J’ai appris le portugais et l’italien par la force des choses, mais le français est une langue assez complexe pour l’écriture. Ma langue maternelle est l’espagnol, mais je tente aujourd’hui d’écrire des chansons en français. »

 

 

Une appartenance musicale multiple

 

Lauréat, en 2002, du Prix du public au Festival en chanson de Petite-Vallée, l’auteur-compositeur-interprète a réalisé à ce jour trois albums, dont Norte-Sur spectacle, tiré du spectacle du même nom, qui reflète bien le bagage multiculturel de Juan Sebastian Larobina.

 

« Norte-Sur a été présenté en 2005 et réunissait 23 artistes sur scène. Il s’agissait d’une aventure musicale multisensorielle faite de chansons, de musiques, d'effets sonores, de bruitages, d’odeurs et de projections d'images symbolisant la dualité Nord-Sud. Nous avons vécu une expérience artistique unique où la cumbia et le reel ont fusionné, la chacarera et la gigue se sont mariées, les langues se sont entrelacées, le tango, la salsa, le chacha et le funk se sont embrassés », résume-t-il.

 

« L'immersion dans une autre culture m’a fait réaliser et mieux comprendre les valeurs qui ont coloré ma démarche artistique et personnelle. Mon style de musique, c’est un peu une synthèse de ce que je suis culturellement et artistiquement : quelqu’un qui, plus jeune, écoutait du rock britannique et de la musique progressive, mais qui est aussi « construit » par la musique de sa famille et des pays qu’il a quittés, notamment la bossa nova brésilienne et le tango argentin. Et maintenant, sans être nécessairement des styles dans lesquels je m’inscris, les Richard Desjardins, Jean Leloup et Daniel Bélanger pratiquent des genres musicaux qui m’influencent et qui me touchent. »

 

Source : Sébastien Boulanger

 

 

La musique de Juan Sebastian Larobina

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Publié par Jacques de Jonquière (Québec) à 10:05 - dans voyager autrement Musique Amériques Québec
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